Accueillir sa tristesse

Accueillir sa tristesse

La tristesse est une émotion au contact parfois difficile, peut-être plus que d’autres. L’accueillir demande un peu de disponibilité et de temps que ne favorisent pas les rythmes quotidiens qui sont les nôtres. Il faut se mettre en condition, pourrait-on dire.

Pour ce faire, nous vous recommandons de faire un exercice de Cohérence Cardiaque de 5mn, les mains posées sous votre nombril de manière à chercher à y focaliser votre attention. Cela favorisera le calme et la présence à soi nécessaire.


Au bout de ces 5mn, poursuivrez ensuite dans cette même position en respiration ventrale. Vous allez alors chercher à ressentir la tristesse que vous voulez accueillir. Parfois cette tristesse est bien identifiée et immédiatement accessible, reliée à un évènement précis récent. Parfois, elle peut être plus éloignée, plus lointaine, plus vague et sans objet. Peu importe, ressentez juste ce qui est présent. C’est parfait ainsi…


Puis peu à peu, vous allez, lors de l’inspire par la bouche, chercher à vous ouvrir et à ressentir dans le mouvement de l’air entrant dans votre gorge, la tristesse présente en vous (ou alors juste le ressenti présent si la tristesse est trop éloignée). Ainsi, lors de cet inspire, c’est comme si vous lui ouvriez de l’espace et de l’attention à l’intérieur de vous. En cela, vous acceptez enfin sa présence. Ressentez-la sans chercher à lui donner de sens ou de raisons particuliers. Elle est là, juste là… Même si elle est perturbante, voire violente, vous pouvez lui souhaiter la bienvenue… Ça fait peut-être longtemps qu’elle attend d’être accueillie…


A l’expire, vous laissez se diffuser, se répandre cette tristesse dans tout votre corps comme une eau qui s’écoulerait tranquillement vers le bas de votre corps dans un mouvement doux de lâcher-prise et d’ouverture. Ressentez comme si chaque cellule de votre corps s’ouvrait et s’informait de cette tristesse. Cette diffusion à l’intérieur de vous vous nourrit, vous remplit.


Recommencez l’opération sur plusieurs cycles respiratoires : à l’inspire, ouvrez-vous un peu plus à cette tristesse. A l’expire, laissez-la se répandre toujours un peu plus profondément qu’elle vous informe de l’information qu’elle contient… Imaginez que toutes les cellules de votre corps se nourrissent de cette information émotionnelle… Sentez comment ce mouvement apaise peu à peu la tension qu’elle provoquait en vous. Même si vous avez de l’appréhension, faites confiance à cette tristesse et à la capacité de votre corps à savoir quoi en faire…


Respirez quelques cycles en cherchant un peu plus intensément la pleine présence à cette émotion… Vous pouvez chercher à ressentir de la gratitude pour cette sensation ou cette émotion : de part l’information qu’elle contient, elle nourrit votre conscience et vous aider ainsi transformer votre manière de voir les choses…

La tristesse concerne un lien à une personne, à quelque chose qui n’est plus. Pour vous aider, il est souvent utile d’avoir également de la gratitude envers tout ce que vous a apportée ce lien qui n’est plus : « qu’est-ce que j’ai aimé ces moments avec toi … ! Je te remercie infiniment pour tout ce que tu m’as apporté et qui à contribué à faire ce que je suis aujourd’hui… ». Là-aussi, laissez se diffuser dans tout votre corps pendant plusieurs cycles ce qui survient par cette gratitude… Recommencez ainsi jusqu’à ce que vous vous en soyez nourri-e par et que vous sentiez la présence à l’intérieur de vous de tout ce que vous a apporté ce lien.

Respirez quelques cycles en cherchant un peu plus intensément la pleine présence à cette émotion… Vous pouvez chercher à ressentir de la gratitude pour cette sensation ou cette émotion : de part l’information qu’elle contient, elle nourrit votre conscience et vous aider ainsi transformer votre manière de voir les choses…


Une fois l’émotion ou la sensation accueillie par sa diffusion dans tout votre corps, le travail est fait, pourrait-on dire ! Il est temps alors de vous en délester tranquillement, avec gratitude, par quelques nouveaux cycles respiratoires… A chaque inspire, vous vous saisissez de quelques « bouts d’émotion » ou de sensation à laquelle vous vous êtes ouvert-e précédemment et à l’expire, vous vous en alléger en l’expulsant vers l’extérieur tranquillement et avec reconnaissance… Sentez l’allégement que cela vous procure à chaque expiration…


Dans les derniers cycles respiratoires, remplissez-vous de douceur : inspirez de la douceur puis déposez-là dans votre ventre à l’expire en lieu et place de l’émotion ou de la sensation accueillie, diffusée puis délestée… Vous pouvez également vous nourrir de la sensation d’être en lien avec vos proches (famille, ami-e-s, collègues, animaux de compagnie etc…) pour prendre soin de ce besoin d’être en lien avec d’autres êtres aujourd’hui en difficulté.


Terminez cet exercice en savourant l’apaisement qu’a produit à l’intérieur de vous l’accueil de cette émotion… Ne cherchez pas tout de suite à comprendre intellectuellement ce travail. Laissez le processus se faire. Observez plutôt comment la vision que vous aviez de la situation initiale a changé : ce changement résulte d’une intégration dans votre conscience de cette information émotionnelle présente dans la tristesse initiale.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *